L’histoire est utile si les données restent discutables
Distinguez l’existence d’un actif de la possibilité de le détenir aux conditions annoncées. Rendement d’indice, actif physique et propriétaire privé peuvent différer. Entretien, stockage, impôts, accès et impossibilité de réinvestir les versements modifient le résultat. « Cette classe a toujours gagné » exige donc une définition précise.
Que compare-t-on sur une longue période ?
Jordà et ses coauteurs rassemblent des rendements totaux annuels d’actions, logements, obligations et dettes courtes dans seize économies développées de 1870 à 2015. L’étendue est utile mais fixe les limites : pays, classes et période déterminés, pas tous les marchés. Les précisions des versions ultérieures comptent.
Le rendement total inclut les versements, pas seulement le prix. Le loyer peut être le flux du logement, le dividende celui de l’action et les paiements contractuels ceux de l’obligation. Comparer un prix à un rendement total est asymétrique. Reconstruisez d’abord chaque grandeur.
Deux périodes montrent l’erreur de la moyenne
Un actif fictif fait +20 %, puis −20 %. La moyenne arithmétique est nulle, mais 100 deviennent 120 puis 96. Le résultat cumulé est −4 % et le taux géométrique annuel environ −2,02 %. Remplacer les facteurs composés par une moyenne change le résultat.
Avec une hausse des prix de 5 % par période, le multiplicateur réel final est 0,96 / 1,1025, soit environ 0,87075. Le pouvoir d’achat baisse d’environ 12,93 %. Les chiffres sont pédagogiques ; nominal, réel et devise ne doivent pas être mélangés. Voir le guide sur le [rendement réel](/guides/inflation-real-return/).
Qui disparaît d’une histoire commode ?
Les gagnants actuels peuvent exclure entreprises disparues, bourses fermées et marchés inaccessibles. La série décrit alors les survivants, non les possibilités connues à l’avance. Demandez comment faillites, nationalisations, suspensions, changements de devise et données manquantes ont été traités. Une cellule vide n’est pas un rendement nul.
Les anciens prix peuvent venir de transactions rares, d’expertises ou d’indices lissés. Une volatilité faible ne prouve pas une sortie immédiate moins risquée. Vérifiez que les risques sont mesurés de façon comparable.
Les institutions changent l’analogie
L’histoire de la dette concerne aussi exécution, sûretés, droits des créanciers et transférabilité. Un nom moderne ne garantit pas les mêmes conditions. Un ratio comptable identique sous d’autres normes ou structures industrielles peut avoir une autre signification.
Utilisez un cas historique pour tester un scénario : l’investisseur pouvait-il supporter la durée de la baisse, les restrictions et les besoins de liquidité ? Ne l’utilisez pas comme calendrier du prochain événement.
Fiche de comparaison historique
Notez pays, période, devise, type de rendement, réinvestissement et frais. Séparez données directement observées et reconstructions. Conservez la version de l’étude et l’explication des lacunes. Si la source ne permet pas ces contrôles, limitez la conclusion à une illustration qualitative. La [vérification des sources financières](/guides/source-verification-finance/) aide à structurer la fiche.
Capital emprunté et capital social : pas une seule date de naissance
L’histoire du capital ne commence pas avec la bourse moderne. La dette implique remboursement et échéances ; les fonds propres une participation au résultat résiduel. Transfert, mise en commun et séparation du capital sont apparus à des moments différents.
L’étude de William Goetzmann sur Fibonacci et les mathématiques financières relie les calculs de paiements et de valeur actuelle au commerce méditerranéen médiéval et traite de dettes de villes italiennes. Elle documente une étape, pas la naissance du crédit au XIIIe siècle ni un marché moderne ouvert.
Les fonds propres répondaient à un autre besoin : partager un projet coûteux et incertain. Un apport commun n’est pas automatiquement une société par actions moderne. Le Bris, Goetzmann et Pouget comparent des chemins historiques vers capital permanent, parts transférables et gouvernance séparée ; aucune forme n’a une priorité universelle pour tous les traits.
Dans un modèle, le projet exige 100. Une dette de 100 promet 105 ; un résultat de 80 laisse un manque de 25. Deux parts de 50 donnent 40 chacune. Avec 140, la dette reste à 105 et les associés partagent le résidu. C’est une illustration des créances fixes et du risque résiduel, pas une norme historique ou actuelle.
Dette vénitienne : la liquidité ne supprime pas le risque de paiement
Goetzmann décrit les emprunts vénitiens obligatoires de la fin du XIIe siècle, le marché des créances prestiti vers le milieu du XIIIe et la consolidation de 1262. L’essentiel est de distinguer l’appel de fonds initial et la cession ultérieure d’une créance. La vente secondaire donne une sortie, mais ne rembourse pas l’émetteur.
Pour comparer au présent, examinez source du paiement, caractère obligatoire, négociabilité et exécution, pas seulement le mot « obligation ». Les droits d’un porteur russe actuel ne se déduisent pas d’un emprunt vénitien.
Après les années 1970 : le future devient instrument financier
La chronologie CFTC indique les futures de devises du CME en 1972, l’approbation d’un future sur bons du Trésor américain le 26 novembre 1975 et d’un future sur obligations longues le 2 août 1977. Mise en marché et approbation réglementaire sont distinctes. Le risque standardisé s’étend ainsi au-delà de la livraison agricole.
La chronologie des années 1980 indique l’approbation d’un contrat Eurodollar réglé en espèces le 8 décembre 1981 et du premier future indiciel sur Value Line le 16 février 1982. Le règlement en espèces évite la livraison de chaque composante mais ne supprime ni variations de prix, ni appels de liquidité, ni décalage de couverture.
La hausse des capitaux comptables n’est pas le rendement de l’actionnaire
Dans un modèle, BVPS égale capitaux propres attribuables aux actions ordinaires divisés par le nombre pertinent d’actions. Avec 100 et 10 actions, BVPS vaut 10 ; avec 120 et toujours 10, elle augmente de 20 %. C’est une grandeur comptable, pas un paiement. Il faut aligner catégorie d’actions, périmètre, devise, méthodes et opérations sur capital ; les actions moyennes d’EPS ne sont pas automatiquement celles de la date de clôture.
Si le cours passe de 20 à 18 et le dividende de fin vaut 1, le rendement avant frais est (18 + 1) / 20 − 1 = −5 %, malgré la hausse de BVPS. Le réinvestissement pluriannuel exige la séquence des cours et paiements.
Cohortes d’entrée et CAGR
Série artificielle sans dividendes ni frais : 10 au départ, 40 après un an, 44 après deux ans et 48,4 après trois ans. La première cohorte obtient 384 % et un CAGR de (48,4 / 10)^(1/3) − 1 ≈ 69,15 %. Une entrée à la fin de l’année 1 donne 21 % sur deux ans et 10 % de CAGR. Ce sont des cohortes différentes.
La hausse initiale explique environ 87,91 % de la progression logarithmique : ln4 / ln4,84 ≈ 87,91 %. Un CAGR long ne prouve donc pas la même vitesse récente. Montrez séparément chaque période et des cohortes glissantes de même longueur ; les fenêtres qui se chevauchent ne sont pas indépendantes.
Ne comparez pas 69,15 % sur trois ans à 10 % sur deux ans comme un même horizon et ne faites pas de moyenne arithmétique des taux. Avec versements et retraits, séparez rendement de l’unité et résultat du propriétaire. Les chiffres sont créés par l’auteur.
Sources et limites de vérification
[RHI1] William N. Goetzmann, « Fibonacci and the Financial Revolution », NBER Working Paper 10352, source cr-history-venice : histoire des calculs et de la dette italienne, pas le droit actuel.
[RHI2] David Le Bris, William N. Goetzmann et Sébastien Pouget, « Convergent Evolution Toward the Joint-Stock Company », NBER Working Paper 31821, source cr-history-equity : histoire comparative des formes organisationnelles.
[RHI3] CFTC, « CFTC History in the 1970s », source cr-cftc-1970s : dates historiques, pas liste de contrats actuels.
[RHI4] CFTC, « CFTC History in the 1980s », source cr-cftc-1980s : distinction entre approbation d’un contrat et histoire générale du secteur.