Payoff de l’acheteur et coût du droit
Soit S le prix du sous-jacent au règlement et K le prix d’exercice. Le payoff unitaire d’un call simple est max(S − K, 0) ; celui d’un put, max(K − S, 0). Dans ce modèle, une différence négative ne produit pas un payoff négatif pour l’acheteur : elle donne zéro. Mais l’acheteur a déjà payé la prime. Le résultat économique après ce coût initial doit donc être distingué du payoff. Pour calculer un rendement, il faudrait aussi préciser une base, une durée et les coûts.
Prenons K=100, une prime de call de 7 et une prime de put de 6. À un prix final de 80, les payoffs sont respectivement 0 et 20, et les résultats après prime −7 et +14. À 100, les deux payoffs sont nuls ; les résultats sont −7 et −6. À 120, le call donne 20 et un résultat de +13 ; le put donne zéro et −6. Tous les montants s’appliquent à une unité hypothétique ; commissions, valeur temps et financement sont exclus.
Le vendeur reçoit une prime, mais assume une obligation
Dans le même modèle fermé, avant leurs coûts respectifs, le résultat du vendeur est l’opposé de celui de l’acheteur. À 120, le vendeur du call reçoit 7 mais doit 20, soit −13. À 80, le vendeur du put reçoit 6 et paie 20, soit −14. L’encaissement initial n’est pas un profit définitif tant que l’obligation subsiste. La SEC met en garde contre l’asymétrie et la perte potentiellement illimitée du vendeur d’un call non couvert.[27](#source-cm-options) Vendre le droit ne le fait pas disparaître : l’obligation incombe alors au vendeur.
Pour un call ordinaire sur un actif non négatif, si S augmente sans limite, l’obligation modélisée du vendeur peut également croître sans borne supérieure. Pour un put sur un tel actif, le payoff maximal du modèle simple dépend de K et du multiplicateur, lorsque S tend vers zéro. Ce n’est pas une limite de perte applicable à toute position complexe : emprunts, autres instruments et coûts exigent une analyse distincte. Ne transposez pas à un vendeur ou à un portefeuille la perte limitée de l’acheteur dans une structure simple à prime au seul motif qu’il s’agit d’options.
Être « dans la monnaie » ne signifie pas encore être bénéficiaire
Un call peut avoir une valeur intrinsèque positive sans que celle-ci couvre la prime. Dans ce modèle, lorsque S est compris entre 100 et 107, le payoff est positif mais le résultat de l’acheteur reste négatif avant frais. Cela distingue la position par rapport au prix d’exercice du résultat financier. L’OIC traite séparément les composantes intrinsèque et temps de la prime.[28](#source-cm-premium) Avant l’échéance, le prix de marché de l’option dépend aussi du temps et d’autres facteurs ; le profil terminal n’est pas son prix actuel.
Exercice et opération de clôture
Revendre avant l’échéance un droit acheté et exercer ce droit sont deux opérations différentes. L’OIC distingue la clôture d’une position de l’exercice, selon notamment le style et les spécifications.[29](#source-cm-exercise) Un tableau de payoff à l’échéance ne dit pas quels fonds ou actifs sont nécessaires à une exécution avec livraison. Il ne décrit pas non plus les procédures automatiques, délais d’instruction ou restrictions de l’intermédiaire. Consultez les documents, pas seulement la forme du graphique.
Pour vérifier un profil, consignez type de droit, sens de la position, K, prime, multiplicateur et valeur de S retenue. Calculez séparément payoff, coût initial et résultat. [Introduction aux produits dérivés](/guides/futures-and-options/) apporte le contexte, [les graphiques](/guides/chart-literacy/) leurs limites et [le risque de portefeuille](/guides/portfolio-risk/) distingue une position des obligations cumulées. Ce guide ne recommande ni achat ni vente d’options et n’affirme pas que le lecteur est prêt à en assumer les risques.
Vérifier un tableau sans passer d’ordre
Calculez le même prix final pour les deux parties d’un même droit. Avant frais, le payoff de l’acheteur et l’obligation du vendeur doivent concorder ; la prime doit apparaître une fois de chaque côté, avec des signes opposés. Si les deux parties semblent bénéficier gratuitement, le payoff et le résultat ont probablement été confondus, ou le paiement initial a été omis.
Demandez-vous si le tableau porte sur une unité ou sur le contrat entier. On ne peut comparer directement une prime unitaire et le payoff d’un contrat. Ramenez multiplicateur et quantité à la même base. Si la position inclut d’autres instruments, le profil présenté n’est plus complet.
Classe et série : identifier le contrat avant le calcul
Dans la terminologie de l’OIC, une classe regroupe les droits d’un même type — call ou put — sur un même sous-jacent.[10](#source-mk-oic-class) Selon cette convention, un call et un put sur l’action fictive X appartiennent à des classes distinctes ; le nom identique de l’émetteur n’en fait pas un même droit. D’autres marchés peuvent employer le terme autrement : vérifiez leur glossaire local.
Une série est un sous-ensemble d’une classe dont les droits ont le même prix d’exercice et la même échéance ; l’OIC la définit à partir du mois d’expiration.[11](#source-mk-oic-series) En pratique, vérifiez la date exacte, car un mois peut comporter plusieurs dates. Les calls X de strike 100 et 110 échéant le 18 décembre sont de même classe mais de séries différentes. Le call X strike 100 échéant le 25 décembre constitue une autre série. Le put X strike 100 échéant le 18 décembre appartient à une autre classe. Ces dates sont fictives et ne correspondent pas au calendrier d’une émission existante.
Supposons qu’un participant achète deux unités de la série X-call-100-18 décembre et en vende une de cette même série. Sa position nette dans le modèle est longue d’une unité. Vendre le X-call-110-18 décembre ne clôt pas le droit initial : deux droits ou obligations distincts subsistent. L’égalité des quantités ou des primes ne corrige pas l’écart de série. Multiplicateur, devise, modalités d’exercice, actif livrable et ajustements liés aux opérations sur titres font aussi partie de la vérification de compatibilité. Cet exemple fictif apprend à identifier les contrats ; il ne reconstitue pas une position historique sur Gazprom et ne prétend pas en vérifier les strikes, dates, parties ou résultats.